Amadou Camara, directeur régional du conseil agricole de Kindia

0
571

« Nous avons fortement appuyé cette année les agriculteurs en semence, mais la demande était grande par rapport au stock »

L’agriculture est l’un des moteurs incontournables de tout développement. Notre pays, la Guinée possède des potentiels domaines cultivables d’où la moitié de sa population pratique l’agriculture. Amadou Camara, directeur régional de l’agence nationale de la promotion rurale et du conseil agricole (AMPROCA) nous explique leur appui aux paysans dans un entretien qu’il a accordé à la rédaction régionale de Guineenews, basée à Kindia.

 Pourriez-vous nous présentez votre service ?

Amadou Camara : AMPROCA signifie l’agence nationale de la promotion rurale et du conseil agricole, c’est une section du ministère de l’agriculture qui est chargée d’encadrer et d’orienter les producteurs, c’est-à-dire leur donner des conseils, mais aussi,  c’est un centre d’application de technologie et de formation. Ce centre Bamban est chargé d’apporter des conseils utiles aux producteurs pour pouvoir améliorer leurs productions ; on est censé aussi de multiplier les semences de riz, de maïs et de maniocs pour pouvoir envoyer en milieu paysan. Nous faisons aussi la formation des producteurs leaders qui, à leur tour, doivent restituer ces formations au niveau de leurs producteurs cibles. Nous formons en pratique des diplômés sortants des instituts de Tolo à Mamou, de Koba et de Faranah. Ils viennent parfaire leur formation pratique ici ; quand je parle de technologie, c’est que lorsque la recherche a des innovations, on vient voir ici, donc, c’est un centre entre la recherche et les producteurs. C’est un triangle : la recherche, producteurs, vulgarisation et la formation.

Cette année quel a été votre apport pour appuyer les producteurs ?

Amadou Camara : Nous avons appuyé les producteurs en trois volets : le 1er volet, il y a des conseillers auprès des producteurs qui donnent des conseils pratiques en milieu paysan et ils sont repentis dans toutes zones de productions, nous comme la zone couvre Kindia, Dubreka, Coyah, et Telémelé, nous avons nos représentants dans toutes ces préfectures-là, ceux-ci sont chargés d’envoyer les conseils techniques aux producteurs.

DSC00882 (1)Deuxièmement, nous avons multiplié les semences : d’abord, nous avons commencé avec les paysans, on a fait un grand champ de riz à Madina-Oula et ça, les producteurs venaient s’enquérir de la technique durable et aussi quand nous avons fait la récolte, on était obligé de donner à ces producteurs les semences améliorées, les semences de qualité ; ensuite, nous avons reçu 40 stagiaires qu’on a eus à former et 300 producteurs leaders. Ceux-ci, à leur tour, vont dans leur zone de production pour pouvoir former les autres.

Est-ce que les producteurs sont accompagnés en matière d’intrants agricoles ?

Amadou Camara : Les intrants agricoles sont les semences, puisque les autres intrants, je veux dire engrais, produits futaux, ça c’est au niveau des producteurs eux-mêmes, vu que le gouvernement envoie ces intrants à leur niveau. Mais ici, nous produisons les semences pour pouvoir envoyer en milieu paysan mais au plus profond, puisque ce sont des semences de qualité qui ont un potentiel de 4 ,5 et 6 tonnes à l’hectare ; ce sont des producteurs là tirent profit.

On donne ça aux producteurs pour qu’ils partent améliorer leur qualité, puisque les semences que ces gens tenaient ont été longtemps gardées, qui n’ont pas un très grand potentiel de 2 à 3 tonnes à l’hectare. Donc, cela ne pourra pas faire avancer les producteurs, surtout en voyant les zones d’exploitation qui sont très élevées.

Quelles sont les variétés de culture que vous possédez ici ?

Amadou Camara : Nous avons une variété de maïs ici qui est reconnue au niveau de la sous-région. C’est un maïs-légume qui ne peut donner que deux mois dix jours et on a le produit. C’est-à-dire, quand on sème deux mois dix jours, on peut récolter en légume et en trois mois on peut récolter en semences graine ; donc, ce sont des cultures qui n’ont pas un cycle long. Ça facilite l’augmentation des revenus des producteurs, puisque ça ne s’étend pas sur une longue période ; ensuite, nous avons des semences de riz, des semences maraichères et autres.

Est-ce que vous avez une équipe de suivi sur le terrain ?

Amadou Camara : Nous avons nos représentants  au niveau des zones de production des communes rurales. Si nous envoyons des semences aux producteurs, ce sont eux qui accompagnent ces paysans à travers des conseils et nous remontent les informations par rapport aux difficultés rencontrées.

Comment vous parvenez à gérer l’éternel problème entre agriculteurs et éleveurs ?

Amadou Camara : Nous avons mis en place un comité de médiation qui est en charge de régler les conflits, qui veille sur le mouvement des éleveurs pendant la période des champs et des récoltes.  Donc, cela a beaucoup favorisé la cohabitation. Au jour d’aujourd’hui, il y a moins de plaintes.

Interview réalisée par Mamady Mara

 

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE