Mamadi Touré, un diplomate de carrière à la tête de la diplomatie guinéenne

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Le président guinéen Alpha Condé en quête depuis belle lurette d’un véritable diplomate de carrière pour diriger le département des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger a finalement choisi Mamadi Touré, ancien représentant permanent de la Guinée auprès des Nations Unies par un décret lu sur les antennes de la Radio Télévision Guinéenne (R.T.G.) le 23 aout 2017.

Aucune prémonition n’était nécessaire pour savoir que la nomination de Son Excellence Mamadi Touré à ce poste était imminente. Car depuis 2014 le sérail avait déjà repéré ce rompu des relations internationales.

Comme quoi, en politique rien n’est fortuit, et encore moins le choix des hommes. Ce diplomate chevronné est un natif, un privilège qu’il partage avec beaucoup, mais sans pour autant les ressembler.

En misant donc, sur un vrai diplomate pour sauver une diplomatie souvent terne et mercantile, le locataire de Sékoutouréya bouscule ainsi tous les tabous, mais plus encore, écarte l’amateurisme pour laisser place à la compétence et à une vraie diplomatie où la Guinée excellait sous le régime du feu président Ahmed Sékou Touré.

Il ne sera pas exagéré de dire que la nomination de Mamadi Touré est venue à point nommé pour sauver la diplomatie guinéenne.

Humble, intègre et très respectueux, le parcours du nouveau promu ne souffre d’aucune ombre, il est exhibé ici à la face de ceux qui rechigneraient encore.

Ce pur produit de l’école guinéenne est né le 11 décembre 1952 à Kankan, en Guinée.

Après ses études primaires et secondaires, Mamadi Touré décrochera une licence en Génie Civil à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry avant de rejoindre les Etats-Unis où il obtiendra sa licence et une maitrise en Administration des Affaires de la « City University » de New York.

Grace à son sérieux et son assiduité dans le travail, dès son entrée dans le bâtiment en verre de Manhattan, il gravira rapidement plusieurs échelons.

Déjà dans les années 90, Mamadi Touré fut Spécialiste des questions politiques dans des domaines tels que les affaires de désarmement en Afrique avant d’être Assistant spécial du Sous-Secrétaire Général aux affaires politiques.

De 2004 à 2007, ce fonctionnaire international sera successivement Conseiller politique de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le différend frontalier entre l’Éthiopie et l’Érythrée, Chef du Bureau régional de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), Assistant spécial et Chef du Groupe politique du Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie et Spécialiste des questions politiques en charge de l’Équipe pour l’Afrique du Département des affaires politiques.

C’est à partir de 2007 que ce natif de Nabaya, marié et père de trois enfants, se fera remarquer par sa compétence et sa connaissance des dossiers qu’il aura la charge de traiter. D’ailleurs c’est ce qui lui a valu plusieurs responsabilités de haut niveau aux Nations Unies.

Successivement, le nouveau ministre des Affaires Etrangères deviendra Spécialiste des questions politiques, Chef de cabinet à la Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Conseiller politique du Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest et Chef de cabinet en exercice du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique Centrale.

C’est dans cette ascension fulgurante que le Prof. Alpha Condé le choisira en 2014 comme représentant permanent de la Guinée auprès des Nations Unies.

Une visite guidée dans les locaux de la Mission Permanente à Manhattan est suffisante pour s’apercevoir combien Mamadi Touré aime l’organisation et l’innovation. Le changement opéré crève les yeux. L’organisation de son personnel et le sérieux de ses collaborateurs dans le travail en disent long sur les qualités de ce nouveau venu dans l’administration guinéenne.

En si peu de temps, l’homme a su convaincre le président Alpha Condé par la diligence qu’il a fait montre dans les différentes missions qui lui ont été confiées ici et là.

L’expérience et la célérité dans les missions de bons offices du Secrétaire Général des Nations Unies au Soudan, en Haïti, en Côte D’Ivoire et en Ethiopie, furent déterminant dans le choix de ce « cuirassier » de la diplomatie internationale par le chef de l’Etat comme son conseiller spécial en charge de l’intégration africaine avant d’être propulsé comme chef de la diplomatie guinéenne.

Même si Mamadi Touré n’est pas un roturier de la politique guinéenne, il est apparu aux yeux du président Alpha Condé, comme l’homme providentiel, capable d’imprimer un nouveau souffle à la diplomatie guinéenne.

C’est pourquoi, ce diplomate de métier, pétri d’expérience, qui a eu ses lettres de noblesse à la tâche pendant près de 30 ans aux Nations Unies a promis avec cette nouvelle marque de confiance de s’employer avec vigueur afin de revaloriser la diplomatie guinéenne.

Quoiqu’il en soit, aujourd’hui il y a de l’espoir. Un espoir suscité non seulement par l’expérience, le sérieux et le patriotisme du nouveau chef de la diplomatie guinéenne, mais aussi par la volonté manifeste du président Alpha Condé de faire de la Guinée une référence dans le domaine de la diplomatie.

 

Par Bangaly Condé « Malbanga »

 

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